Lorsque le roman sortira, cette page sera mise à jour. Notons que la couverture de ce roman, édité conjointement par l'association et l'auteur, devrait-être illustrée par Phanat Pak. En attendant, voici un extrait...

Quand le jeune homme revint à lui, il se trouvait étendu sur le sol, au beau milieu d’une forêt. Un léger vent berçait le feuillage de puissants arbres massifs qui grinçaient en ondulant lentement. Ses yeux, aux pupilles rouges sang, cherchaient à corriger un élément perturbant. Il ferma ses paupières et les rouvrit à plusieurs reprises afin d’éliminer cette gène, mais rien n’y faisait. D’ordinaire, les feuilles des arbres étaient vertes, jaunes, oranges, parfois même rouges, mais jamais bleues, et encore moins phosphorescentes ! Peu importait, il savait que ce monde lui apporterait son lot de surprises. Autant ne pas s’attarder sur celle-ci qui ne serait ni la dernière, ni la plus déroutante. Un peu troublé, il s’efforça de faire abstraction, se frotta les yeux, puis se redressa avec précaution en prenant appui sur le tronc le plus proche. Il effectuait chaque geste avec appréhension. Une fois debout, il retira la main de l’arbre sur lequel il s’était appuyé, bougea ses doigts et serra le poing de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il finisse par éprouver une légère douleur. Comment était-ce possible ? Il ferma les yeux, respira profondément, et laissa la brise caresser son visage. Ses cheveux noirs flottèrent un instant avant de retomber sur son front. Un nuage de brume, porté par le souffle silencieux, l’enveloppa, humidifiant sa peau et ses vêtements. Il frissonna légèrement et s’en étonna. Tout cela le dépassait, et un sentiment d’angoisse l’envahit. Lui qui était si perplexe il y a quelques minutes, il ne s’était pas préparé à tout ça. A présent, il voulait quitter cet endroit. C’était trop brutal, il avait besoin de retrouver ses repères. Son cœur se mit à battre de plus en plus vite, martelant sa poitrine. Des goutes de sueur perlaient sur son front et ses mains étaient moites. Chaque nouvelle sensation l’effrayait un peu plus. Il avait beau chercher, il ne voyait aucune différence, absolument aucune. Non, ce n’était pas possible, il y avait forcément quelque chose qu’ils avaient oublié ou qu’ils n’avaient pas pu reproduire. Il scruta les alentours, dans l’espoir de trouver une faille à laquelle il aurait pu se raccrocher. Une petite lumière blanche attira son attention. C’était une luciole. Elle flottait dans les airs, effectuant des mouvements aléatoires gracieux, sans émettre aucun son. Une aura apaisante de couleur blanche émanait du minuscule insecte, et se mêlait à l’ambiance bleutée des feuilles phosphorescentes. Pour la première fois, il réalisa à quel point cette forêt était magnifique. Comment avait-il pu souhaiter, ne serait-ce qu’un instant, retourner là bas ? Après tout ce qu’il avait vécu ? Il ferma les yeux, prit une profonde respiration, laissant entrer l’air humide dans ses poumons, et fit le vide dans son esprit. Peu à peu, son rythme cardiaque se stabilisa, sa respiration haletante s’apaisa, et son appréhension s’estompa. Il ouvrit les yeux une nouvelle fois. Tout semblait si…. Réel !
Fabien Fournier
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